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Secrétaire du SELF

Compensation CSG : une solution pérenne doit être trouvée pour tous les auteurs

Par un communiqué de presse en date du 29 novembre 2107, Mme Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a annoncé avoir trouvé « une solution permettant de garantir aux artistes-auteurs un maintien de leur pouvoir d’achat dans le contexte de hausse de la CSG ». La ministre se félicite en outre « de cette solution et remercie chaleureusement tous les parlementaires qui se sont fortement mobilisés aux côtés du ministère et des auteurs sur ce sujet ». S’il est vrai que la mobilisation des artistes-auteurs, légitimement révoltés par cette injustice qui leur était faite, fut rapide et massive, il est un peu abusif d’affirmer qu’il en fut spontanément de même dans les cercles du pouvoir tant le flou, l’inertie et le silence qui prévalaient sur ce dossier à l’ouverture des discussions à l’Assemblée laissaient craindre le pire. Si « solution » il y a aujourd’hui, c’est avant tout parce que les artistes-auteurs et leurs organisations professionnelles ont su faire entendre leurs voix et leurs revendications, et rien n’indique que ce résultat aurait été obtenu s’ils ne l’avaient pas fait. Pour autant, peut-on s’en satisfaire ? À y regarder de plus près, rien n’est moins sûr.

 

Ce qui frappe d’emblée à la lecture du communiqué de presse, c’est le flou (artistique, peut-être, mais guère rassurant) qui entoure cette annonce. « Afin de sécuriser le dispositif, le Gouvernement a choisi par voie réglementaire un mécanisme de compensation qui sera mis en œuvre par les organismes agréés gérant le régime de sécurité sociale des artistes auteurs (Agessa et Maison des Artistes) et qui sera financé sur le budget du ministère de la Culture en 2018. » (C’est nous qui soulignons.)

 

Cette formulation appelle trois remarques. Premièrement, c’est par un décret (et non par un amendement au PLFSS 2018 voté par l’Assemblée ces jours-ci) que seront définies les modalités de la « solution ». Deuxièmement, le fait que l’Agessa et la Maison des Artistes soient chargées de sa mise en œuvre semble indiquer que seront exclus du dispositif les « assujettis ». Troisièmement, c’est le budget du ministère de la Culture qui financera cette mesure.

 

Le SELF, au sein de l’USOPAVE (Union des Syndicats et Organisations Professionnelles des Arts visuels et de l’Écrit) défendait une solution applicable à tous les artistes-auteurs, quel que soit leur niveau de revenu, qui aurait facilement pu être mise en œuvre par l’adoption en deuxième lecture à l’Assemblée de l’amendement introduit au Sénat. Force est de constater que le compte n’y est pas. Par ailleurs, comme l’indique fort justement le CAAP (Comité des Artistes Auteurs Plasticiens), faire supporter au budget de la Culture cette compensation peut surprendre alors que celle consentie aux salariés n’a pas été imputée à celui du ministère du Travail… Notons également que la « solution » ainsi trouvée ne concerne que l’année 2018 et n’est pas pérenne.

 

« Ce dispositif ne sera pas une subvention destinée à s’acquitter de la cotisation vieillesse, poursuit le communiqué du ministère, mais bien une mesure de garantie du pouvoir d’achat. » Ce que peuvent signifier ces précisions, nous en sommes encore à nous le demander et serions ravis qu’on nous éclaire sur le sujet. Concrètement, quelle forme prendra cette mesure ? Mystère. Ce qui semble sûr, c’est qu’elle ne passera pas par une baisse pour tous de la cotisation vieillesse de base que réclamaient les artistes-auteurs et leurs organisations représentatives.

 

« Dans le courant de l’année 2018, poursuit la ministre, une mission de l’Inspection générale des Affaires sociales et de l’Inspection générale des Affaires culturelles permettra de faire des propositions pour une solution pérenne à l’avenir. » Traduction : Le ministère a paré au plus pressé pour ne remédier que partiellement à une injustice touchant tous les artistes-auteurs, mais ayez confiance, vous pouvez compter sur ceux qui n’avaient rien prévu afin d’éviter cette situation pour trouver une solution à l’avenir. Qu’on nous permette d’en douter et de réclamer quelques gages supplémentaires…

 

En conclusion, le SELF prend acte de cette avancée pour une partie des auteurs et autrices qu’il représente, mais demande instamment à madame la ministre de préciser ses intentions sur ce dossier et de donner des garanties pour que la solution mise en œuvre concerne tous les artistes-auteurs, pour l’année 2018 comme pour les années suivantes.

En outre, il semble légitime de réclamer que les artistes-auteurs, par le biais de leurs organisations professionnelles, soient associés aux décisions qui seront prises et auront une influence non négligeable sur leur pouvoir d’achat comme sur leur avenir. Les artistes-auteurs doivent rester vigilants et mobilisés sur le sujet. Ils ne peuvent se contenter d’une demi-mesure qui ne règle qu’en partie et provisoirement une injustice qui les touche tous et qui risque de s’installer dans la durée.

Bulletin d’adhésion au SELF 2018

Hausse de la CSG compensée pour les artistes-auteurs : c’est dans la poche ?

L’Assemblée nationale va examiner en deuxième lecture, les 27, 28 et 29 novembre, le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2018. On respire un peu mieux, du côté des artistes-auteurs, depuis qu’un amendement a été introduit et voté au Sénat pour faire en sorte que l’augmentation de leur CSG soit compensée par une baisse de la cotisation retraite pour tous. Dans la foulée, Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a fait savoir par communiqué de presse qu’elle se rangeait à l’avis des sénateurs et soutiendrait cet amendement. Cette solution était celle que préconisait l’USOPAVE (Union des Syndicats et Organisations Professionnelles des Arts Visuels et de l’Ecrit, dont le SELF est membre) et pour laquelle elle avait effectué un important travail de sensibilisation à l’Assemblée nationale, puis au Sénat. Tout serait-il donc à présent pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Pas tout à fait. Il serait prématuré de crier victoire, sachant que tout est toujours possible en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, qui aura le dernier mot. Il serait quand même stupéfiant (et pour le moins inquiétant pour le monde de la Culture) que le gouvernement, à l’encontre de l’avis exprimé publiquement par Françoise Nyssen, demande à sa majorité de supprimer l’amendement rétablissant l’égalité de traitement entre les artistes-auteurs et le reste de la population active, mais on en a vu d’autres en matière de retournements de veste et de luttes internes au plus haut niveau. Nous attendrons donc le vote de l’Assemblée nationale pour rédiger le communiqué de victoire et soupirer de soulagement.

Au-delà de cette augmentation de la CSG, il y a également dans ce PLFSS d’autres dispositions, sur des sujets plus techniques, susceptibles d’avoir un impact important pour les artistes-auteurs, au niveau de l’organisation de leur protection sociale notamment.

Voilà pourquoi l’USOPAVE vient d’adresser à tou-tes les député-es une lettre ouverte dont vous pourrez lire ci-dessous l’intégralité. Certes, la lecture en est ardue, mais elle est également édifiante quant à certaines luttes souterraines visant à saper la légitimité des représentants des artistes-auteurs. Elle est aussi significative du travail de veille et de proposition qu’effectuent en permanence syndicats et organisations professionnelles, souvent à pas d’heures, week-ends compris, et dans la discrétion. Ce n’est pas très glamour, mais c’est aussi ça, servir la cause… Et pour nous y aider, rien de plus facile : adhérez, parce que la force d’un syndicat, c’est le nombre !

Bulletin d’adhésion au SELF

 

LETTRE OUVERTE à Mesdames et Messieurs les député.e.s

Le PLFSS 2018 contient des mesures importantes relatives au régime social des artistes-auteurs. Or, ces mesures n’ont fait l’objet d’aucune concertation avec les syndicats professionnels des artistes-auteurs…

Nous demandons solennellement à tous les député.e.s sensibles au sort des artistes-auteurs en France de soutenir, d’une part, les deux modifications votées par le Sénat et de soutenir, d’autre part, un amendement indispensable à la bonne gouvernance de notre régime de protection sociale.

1/ CSG compensée ou non ?

Le PLFSS 2018 ne contenait initialement aucune mesure compensatoire à la hausse de la CSG pour tous les artistes-auteurs.

Le Sénat a voté un amendement qui prévoit une compensation sur la cotisation vieillesse de base (à l’instar d’autres professions libérales). Nous approuvons cet amendement aussi équitable que simple à mettre en œuvre. Madame Françoise Nyssen, ministre de la Culture, a annoncé dans un communiqué de presse qu’elle soutiendrait cet amendement en seconde lecture : « Mardi 14 novembre, Françoise Nyssen a annoncé lors des débats parlementaires sur le projet de loi de finances qu’une solution avait été trouvée pour les artistes-auteurs, qu’elle porterait sur la retraite de base et serait inscrite dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Cette solution permettra de toucher l’ensemble des artistes-auteurs. Un amen­dement parlementaire a été voté le jour même au Sénat dans le cadre des débats sur le PLFSS permettant d’aller vers cette solution. La ministre défendra cette solution pérenne sur la retraite de base en 2e lecture du PLFSS à l’Assemblée nationale»

 

Les représentants des artistes-auteurs espèrent vivement pouvoir compter sur l’Assemblée nationale pour entériner cette solution équitable compensatoire à la hausse de la CSG afin de ne pas appauvrir davantage les artistes-auteurs.

 

2/ Organismes de gestion collective (OGC)
et commissions professionnelles des organismes sociaux

Le Sénat a adopté un amendement supprimant l’ajout voté en 1ère lecture par l’Assemblée nationale qui visait à introduire les organismes de gestion collective (OGC) dans les commissions professionnelles des organismes sociaux normalement constituées des syndicats et organisations professionnelles des artistes-auteurs et des diffuseurs, qui constituent les deux partenaires sociaux du secteur de la création.

Or, un amendement similaire (N°AS88) a été à nouveau déposé en seconde lecture à l’Assemblée Nationale. Cet amendement est à nouveau motivé par une contre-vérité (a), une citation tronquée (b) et une confusion entre syndicats et organismes de gestion collective (c).

  • a) Une contre-vérité : Rien dans l’ordonnance n° 2016-1823 du 22 décembre 2016 relative à la transposition de la directive européenne du 26 février 2014 ne vient justifier un évincement des syndicats d’artistes-auteurs au profit des OGC ! Bien au contraire, cette ordonnance pointe la « nécessité d’améliorer le fonctionnement des organismes de gestion collective» et d’améliorer la «protection des intérêts des membres des orga­nismes de gestion collective ». L’ordonnance « a pour objectif de fixer des exigences applicables aux orga­nismes de gestion collective en vue de garantir un niveau élevé de gouvernance, de gestion financière, de transparence et de communication d’informations ». Objectif nullement atteint à ce jour à en croire les rapports (réguliers mais non contraignants) de la Cour des comptes qui fustigent notamment l’opacité des répartitions, le montant exorbitant des réserves et des frais de fonctionnement de certaines OGC, le tout au détriment de leurs sociétaires.
  • b) Une citation tronquée : L’article L321-6 du code de la propriété intellectuelle − sans aucun lien avec l’ordonnance européenne − dispose que les OGC ont «qualité pour siéger au sein des organes compétents pour délibérer en matière de protection sociale, prévoyance et formation des titulaires de droits qu’ils représentent, sous réserve des règles applicables à la représentation des syndicats professionnels confor­mément aux dispositions du code du travail». Il est à noter également que ce nouvel article du CPI n’a fait l’objet d’aucune concertation avec les syndicats professionnels d’artistes-auteurs, il a été introduit ‒ en catimini et sous la pression de certains OGC ‒ par une ordonnance de fin de mandat datée du 22 décembre 2016.
  • c) Une confusion entre syndicats et organismes de gestion collective : La défense des intérêts collectifs professionnels est le droit exclusif des seuls syndicats professionnels. Un OGC n’est nullement repré­sentatif d’une profession, il n’a pas qualité pour intenter une action en justice tendant à la réparation d’un préjudice porté à l’intérêt collectif d’une profession, cette action est légalement réservée aux organisations définies à l’article L. 2231-1 du code du travail (les syndicats).

Les OGC n’ont pas de mandat syndical. L’ancien article L 321-1 du CPI spécifiait clairement : « Les associés doivent être des auteurs, des artistes-interprètes, des producteurs de phonogrammes ou de vidéo­grammes, des éditeurs, ou leurs ayants droit. Ces sociétés civiles régulièrement constituées ont qualité pour ester en justice pour la défense des droits dont elles ont statutairement la charge. »

Le nouvel article L321-6 − plus lacunaire − précise également que les OGC « ont qualité pour ester en justice pour la défense des droits dont ils ont statutairement la charge ». Un OGC peut donc ester en justice exclusivement pour défendre l’intérêt de ses sociétaires titulaires de droits : auteurs, artistes-interprètes, diffuseurs (producteurs, éditeurs, etc.) et ayants droit.

Légalement, les OGC n’ont donc nullement qualité pour agir en défense des intérêts collectifs profes­sionnels des artistes-auteurs, de même, ils n’ont pas non plus vocation à siéger dans les commissions professionnelles des organismes sociaux, ni à se substituer aux organisations syndicales.

Enfin, en 1ère lecture, Mme Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, avait signalé : « Ce sujet n’a pas sa place dans un projet de loi de financement de la Sécurité sociale et il nous semble nécessaire d’organiser une période de concertation avec les organisations professionnelles représentant les artistes-auteurs afin de s’assurer de leur accord. »

 

Cet amendement est un cavalier législatif, qui plus est contraire à la hiérarchie des normes. Les représentants des artistes-auteurs espèrent vivement pouvoir compter sur l’Assemblée nationale pour ne pas voter cet amendement à la fois illicite et préjudiciable aux syndicats.

 

3/ Gouvernance de notre régime social

Le premier alinéa de l’article L. 382-2 est ainsi rédigé :

« Chaque organisme agréé est administré par un conseil d’administration comprenant des représentants des artistes-auteurs affiliés et des représentants des diffuseurs ainsi que des représentants de l’État. Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent alinéa, notamment les conditions de dési­gnation des représentants des artistes-auteurs et des diffuseurs ainsi que les conditions de nomination du directeur et de l’agent comptable de ces organismes. » 

Cette rédaction de l’article L. 382-2, en supprimant le mot « élus », vise implicitement à supprimer, contre leur gré, les seules élections professionnelles existantes des représentants des artistes-auteurs.

Le gouvernement ne peut ignorer cette position ferme des syndicats des artistes-auteurs qui est mentionnée sans ambiguïté dans le rapport de l’IGAC-IGAS de juin 2013 : « Les organisations syndicales et professionnelles d’artistes-auteurs demandent clairement le maintien du mode électif, qui est un élément constitutif de l’identité de leur régime. Les diffuseurs ne sont pas dans la même attente»

Parallèlement, le gouvernement − via l’ensemble des dispositions de l’article 16 du PLFSS − opère un trans­fert du recouvrement des cotisations des organismes agréés (MDA-Sécurité sociale et AGESSA) à une URSSAF, désignée par le directeur de l’ACOSS. Mais le gouvernement ne tire aucune conséquence en matière de gouvernance en regard de cette désignation d’un nouvel et unique organisme collecteur (URSSAF), il met « deux pilotes dans l’avion » sans en préciser les prérogatives. Cette inadéquation fait d’évidence obstacle à un fonctionnement opérationnel de la gouvernance.

L’amendement N°AS103 permet de résoudre les deux problèmes soulevés (volonté de supprimer les élections pour les artistes-auteurs et absence de gouvernance unique en regard de l’unique organisme collecteur) : « Le conseil de la protection sociale des artistes-auteurs est composé des conseils d’admi­nistration de chaque organisme agréé. Chaque organisme agréé est administré par un conseil d’adminis­tration comprenant des représentants des assurés sociaux désignés par les organisations professionnelles élues des artistes-auteurs et des représentants des organisations professionnelles des diffuseurs désignées par arrêté interministériel. Il comprend également des représentants de l’État. Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du premier alinéa ainsi que les conditions de nomination du directeur et agent comptable de ces organismes. Les délibérations du conseil de la protection sociale des artistes-auteurs ne deviennent exécutoires que si aucune opposition n’est faite dans un délai et dans les conditions fixées par décret en Conseil d’État. L’article L.231‑12 est applicable aux administrateurs du conseil de la protection sociale des artistes-auteurs et des conseils d’administration de chaque organisme agréé. »

 

Les représentants des artistes-auteurs espèrent vivement pouvoir compter sur l’Assemblée nationale pour voter l’amendement N°AS103 indispensable à la bonne gouvernance de notre régime.

USOPAVE
Union des Syndicats et Organisations Professionnels des Arts Visuels et de l’Ecrit

Références :

Bulletin d’adhésion au SELF

Continuer la lecture de Hausse de la CSG compensée pour les artistes-auteurs : c’est dans la poche ?

Élections au Conseil d’Administration de l’IRCEC-RAAP : les professions de foi des candidats du SELF

Colette Vlérick, collège des prestataires (retraités) :

« J’ai commencé la traduction d’édition au début des années 1980 et je suis publiée à titre personnel depuis 1998. J’ai donc vu évoluer nos métiers au fil des décennies, avec un temps d’amélioration de nos rémunérations et de nos conditions de travail avant la dégringolade actuelle.

La création d’une retraite complémentaire a marqué un tournant et m’a été bénéfique.

Aujourd’hui, cette complémentaire risque fort de ne plus être aussi bénéfique pour les plus jeunes. Il serait injuste de se désintéresser de leur sort et malavisé de se désintéresser de celui des « prestataires » dont je fais partie. Parmi nous, les retraités pauvres rencontrent des difficultés spécifiques.

Je veux faire entendre la voix des nombreux auteurs et traducteurs qui ne peuvent vivre de leur retraite et continuent à travailler pour ne pas se trouver à la rue. De ceux-là aussi je fais partie.

Enfin, j’ai longtemps vécu à Paris, je vis à présent en Bretagne et j’ai pris conscience que l’on ne vit et travaille pas de la même façon ici ou là-bas. Cette différence doit être prise en compte. Les problèmes ne sont pas les mêmes, les solutions non plus. »

—-

Lionel Évrard, collège des écrivains et traducteurs littéraires :

« Je suis candidat à l’un des postes d’administrateur du RAAP (le régime de retraite complémentaire obligatoire des artistes-auteurs) dans le collège des écrivains et traducteurs littéraires. Les électrices et les électeurs – vous qui me lisez peut-être – reçoivent ces jours-ci le matériel électoral et pourront voter jusqu’au 8 décembre. Je dois vous expliquer pourquoi j’ai pris cette décision et en quoi il est important que vous votiez si vous le pouvez, ou au moins que vous participiez à diffuser l’information. Comme je nous sais tous très occupés, je serai bref… ou du moins j’essayerai.

Je suis comme vous : je n’ai qu’un goût modéré pour la paperasse et tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à une institution. Lors des dernières élections au conseil d’administration du RAAP, j’ai dû jeter à la corbeille à peine l’avais-je reçu le courrier contenant le matériel électoral de ce régime de retraite complémentaire auquel on nous oblige à cotiser dès lors que nos revenus artistiques atteignent le seuil d’affiliation à l’Agessa (8 703 € en 2016).

C’est l’année dernière que je me suis aperçu de l’erreur que j’avais commise en ne m’intéressant pas à cette élection et en laissant je ne sais qui décider à ma place de l’avenir de ce régime qui pour être obligatoire n’en est pas moins le mien. Brutalement, au forceps, sans aucune concertation et en faisant la sourde oreille aux protestations véhémentes des artistes-auteurs et de leurs organisations professionnelles, la direction actuelle du RAAP a imposé un changement du calcul des cotisations, celles-ci passant à terme à 8 % de nos revenus.

Pourquoi ai-je décidé d’être candidat cette année ? Parce que j’ai pris conscience que c’est en investissant les postes de responsabilité partout où c’est possible que les artistes-auteurs peuvent espérer ne plus subir dans l’indifférence générale une précarisation constante de leurs professions qui les condamne à terme à disparaître.

Ne laissez plus décider pour vous ceux qui croient savoir mieux que vous ce qu’il vous faut tout en étant totalement coupés de vos réalités : syndiquez-vous, informez-vous, faites-vous élire, élisez ceux qui vous ressemblent et sauront vous représenter – engagez-vous pour ne pas crever !

Qu’ai-je à y gagner personnellement si je suis élu ? Rien, si ce n’est quelques obligations supplémentaires. Le mandat est de six ans et les fonctions d’administrateur du RAAP sont bénévoles. Les frais de déplacement et de séjour sont remboursés, et les administrateurs en activité perçoivent une indemnité pour perte de gain. Je ne peux vous promettre que je pourrai peser sur les décisions qui seront prises, mais au moins serai-je en position d’observer ce qui se trame habituellement dans notre dos et de faire entendre la voix des artistes-auteurs dès que ce sera possible, quand bien même ce serait pour ne pas être entendu.

Le mode d’élection fait que – littéralement – chaque voix compte. Si vous devez élire un représentant pour le collège des « prestataires » (et non celui des écrivains et traducteurs littéraires), je ne saurais trop vous conseiller de voter pour Colette Vlérick, ma camarade du SELF, qui se présente dans la même optique que moi et saura dans ce conseil d’administration porter la voix des retraités. Et si votre profession relève de l’image et non de l’écrit, ce sont les candidats se réclamant des organisations qui ont mené la fronde l’année dernière qu’il faut systématiquement privilégier.

Vous aurez en novembre le pouvoir de vous RAAPeler au bon souvenir de ceux qui par leurs décisions participent à vous rendre la vie chaque jour plus difficile : saisissez-le !

Lionel Évrard (collège des écrivains et traducteurs littéraires) »


« Auteurs, vous avez besoin des syndicats pour porter vos revendications auprès des éditeurs et des pouvoirs publics, tout comme les syndicats ont besoin de vous pour leur donner plus d’impact.

Toute nouvelle adhésion au SELF enregistrée avant la fin 2017 restera valable pour 2018. Montant de l’adhésion : 30 € »

Télécharger le bulletin d’adhésion 2018

 

Non à l’appauvrissement des artistes et auteurs !

Jeudi 19 octobre 2017 – 34 syndicats et associations d’artistes-auteurs s’allient afin d’obtenir compensation pour tous de la hausse de la CSG sur les revenus du travail

« Nous, artistes et auteurs, demandons une égalité de traitement avec l’ensemble des autres actifs : compensation complète de la hausse de la CSG et augmentation du pouvoir d’achat.

Aucune solution n’est à ce jour clairement envisagée pour ne serait-ce que compenser la hausse de 1,7% de la CSG, excepté une baisse de la cotisation assurance maladie de 0,75%. Le manque à gagner pour les artistes-auteurs restera donc a minima de 0,95%, alors que la plupart d’entre eux vivent déjà avec un revenu inférieur au SMIC.

Cette mesure est discriminatoire et injuste.

Aucune concertation avec les pouvoirs publics n’a même été organisée malgré nos demandes insistantes depuis des mois. Le courrier adressé par les organisations d’auteurs et d’artistes le 5 octobre dernier au Président de la République, au Premier Ministre, à la Ministre de la Culture et à la Ministre des Affaires Sociales, est resté sans réponse.

La piste de travail reprise par plusieurs députés et consistant à compenser la hausse de la CSG par une baisse des cotisations au RAAP ne concernerait que 15% des quelque 260.000 artistes-auteurs pénalisés par la hausse de la CSG.

La solution envisagée doit nécessairement être pérenne et commune à tous les artistes-auteurs.

Nous demandons une consultation d’urgence avec les pouvoirs publics !

Signer la pétition en ligne  :
https://www.petitions24.net/csg__non_a_lappauvrissement_des_artistes_et_auteurs

Les organisations des auteurs et des artistes :

ADABD (Association des Auteurs de Bande Dessinée)
ATLF (Association des Traducteurs Littéraires de France)
CAAP (Comité des Artistes Auteurs Plasticiens)
CHARTE DES AUTEURS ET ILLUSTRATEURS JEUNESSE
EAT (Ecrivains Associés du Théâtre)
MAISON DE LA POÉSIE
PEN CLUB
SELF (Syndicat des Ecrivains de Langue Française)
SGDL (Société des Gens de Lettres)
SMDA CFDT (Solidarité Maison des Artistes)
SNAC (Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs)
SNAP CGT (Syndicat National des Artistes Plasticiens)
SNP (Syndicat National des Photographes)
SNSP (Syndicat National des Sculpteurs et Plasticiens)
UCMF (Union des Compositeurs de Musique de Films)
UNAC (Union Nationale des Auteurs et des Compositeurs)
UNION DES POÈTES ET CIE
UNPI (Union Nationale des Peintres Illustrateurs)
USOPAVE (Union des Syndicats et Organisations Professionnelles des Arts visuels et de l’Écrit)
ADAGP (Société des Auteurs dans les Arts Graphiques et Plastiques)
SAIF (Société des Auteurs des arts visuels et de l’Image Fixe)
SCAM (Société Civile des Auteurs Multimédias)
CIPAC (Professionnels de l’Art contemporain)
FRAAP (Fédération des Réseaux et Associations d’Artistes Plasticiens) »